La ventilation est bien souvent la mal aimée des habitants. On considère souvent celle-ci comme un courant d’air désagréable ou comme une machine trop bruyante. Elle est pourtant indispensable et permet d’avoir un habitat sain.
Souvent mal mise en œuvre, elle est un soucis global affectant plusieurs acteurs de la construction mais aucun n’est spécialisé dans la ventilation. Elle est donc bien souvent négligée, oubliée ou pire, débranchée.
Pourquoi ventiler ?
L’absence de ventilation provoque une grande présence d’humidité, de monoxyde de Carbone et de COV (Composés Organiques Volatiles) dans l’air. Aussi, ces particules peuvent provoquer divers problèmes dans l’habitat (Sécurité, santé, confort ; voir La pyramide de l’habitat).
Hors, nos habitats sont de plus en plus étanches, nous vivons de plus en plus à l’intérieur et chauffons plus. C’est pour cela qu’a été rendu obligatoire l’aération générale et permanente des logements en France par l’arrêté du 24 mars 1982.

L’excès de COV (Composés Organiques Volatiles) est mauvais pour notre santé. Ils peuvent provoquer : nausées, maux de tête, étourdissements et difficultés respiratoires. Les COV sont issus de notre ameublement, peintures, papiers peints, décorations, parfums, vêtements, produits d’entretien, microbes… les sources sont nombreuses. Ils sont invisibles. Ils disparaissent avec le temps. Malheureusement nous en mettons de nouveaux régulièrement dans notre environnement.
Nous pouvons essayer de limiter leur présence mais jamais totalement les supprimer. Achats de produits d’occasion, écologiques,
L’excès d’humidité peut causer de la condensation sur ou dans les parois en contact avec des zones non chauffées ce qui engendre des moisissures. Ces mêmes moisissures peuvent créer des problèmes respiratoires : sinusites, rhinites, asthme, allergies, cancer du poumon ou encore maladies obstructives pulmonaires chroniques.
Nous pouvons essayer de pallier au visible par d’autres moyens nettoyer la condensation visible, frotter les moisissures avec un masque avant que les spores ne s’envolent, mettre en place des pare-vapeurs derrière le parement intérieur en cas d’Isolation Thermique par l’Intérieur (ITI)…

Humidité et chauffage
L’excès d’humidité augmente également l’énergie nécessaire pour chauffer une pièce. Donc bien aérer permet de diminuer le coût en chauffage. C’est là que les maux de têtes commencent ! Soit vous me croyez sur parole soit vous lisez les quelques lignes qui vont suivre.
La Capacité Thermique Massique (C) d’un élément est la quantité d’énergie (Joules, J) nécessaire pour augmenter de 1° (Célsius, C ou Kélvin, K*) la température d’un kilogramme (Kg) de celui-ci.
Considérons la Capacité Thermique de l’air et de l’eau (valeurs officielles) :
CAir = 1004 J/K.kg
CEau = 2010 J/K.kg
Donc, CAir < CEau.
On peut donc affirmer que si l’air contient plus d’eau, il a besoin de plus d’énergie (J) pour le chauffer. Il est donc intéressant de faire entrer un air plus sec dans la maison.
Hors, l’air extérieur est bien plus sec en hiver. En effet, s’il pleut à l’extérieur (100% d’humidité) et que la température est de 12°C cela représente à peu près 8 g d’eau par kilogramme d’air. Si l’on fait rentrer cet air et qu’on le chauffe à 19°C (température officielle dans les habitations), on a environ 55% de taux d’humidité. Nous pouvons le vérifier ici avec le diagramme de Mollier.

Attention, un excès de sécheresse est tout aussi mauvais pour la santé créant des irritations des voies respiratoires. On estime généralement que dans une maison, l’hygrométrie idéale est entre 45 et 65% d’humidité.
Comment bien ventiler?
Bien ventiler c’est assurer une bonne circulation de l’air de son entrée à sa sortie. Nous verrons donc ici trois points importants : l’entrée, la circulation ou balayage, l’extraction.
Entrée d’air
L’air entre par les pièces sèches. C’est à dire la salles de vie, les chambres… à l’exclusion de la cuisine et des salles d’eau.
Selon le type de ventilation choisi, les entrées d’air peuvent se faire depuis l’extérieur via les menuiseries ou les murs ou via des gaines d’amenées d’air parois avec un moteur. Ces entrées doivent être dimensionnées en fonction de la surface de la pièce.

Circulation ou balayage
Également appelé balayage, elle doit se faire sur la plus grande surface possible afin de renouveler un maximum d’air. Un bon balayage permet d’éviter des zones de stagnations où pourraient subsister des problèmes.
Aussi, il faut veiller à ce que les entrées et extractions d’air soit les plus éloignées possible des portes intérieures afin de permettre la plus longue circulation possible. La ventilation sera également meilleure si l’on peut faire entrer l’air par 2 ouvertures dans des parois perpendiculaires.
Afin de permettre la circulation de pièce en pièce portes fermées, il est également important de prévoir un détalonnage des portes de 1cm (2cm pour la salle de bain).
Extraction
L’extraction se réalise dans les pièces humides. C’est à dire la cuisine et les salles d’eau.
Selon le type de ventilation choisi, les extractions d’air peuvent se faire via des gaines d’extraction le plus souvent avec l’aide d’un moteur. Ces extractions sont dimensionnées en fonction de la pièce.
Les différents types de ventilation
Sur ces principes différents types de ventilation sont possibles, chacune ayant ses qualités.
- Ventilation par Thermosiphon
- Ventilation Mécanique Régulée
- Ventilation Mécanique Contrôlée Simple Flux
- Ventilation Mécanique Contrôlée Double Flux
- Ventilation Mécanique par Insufflation
* Pour les pinailleurs : Célsius et Kélvin même valeur mais échelle différente.
écrit par Suzanne P.
Sources :
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000862344
https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/qualite-air/contaminants-air-interieur/composes-organiques-volatils.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_enthalpique
https://rt-re-batiment.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rtaa2016_ventilation_naturelle_v2.0.pdf
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